Le radon dans les habitations représente à peu près la moitié des expositions non-médicales aux radiations ionisantes.
Lorsque l'air est inhalé, les particules radioactives qui résultent de la désintégration du radon exposent les poumons à l'irradiation alpha et augmentent ainsi le risque de développement d'un cancer du poumon.

radon risque

Ce risque augmente en fonction de la concentration en radon dans l'air et de la durée de l'exposition. Par conséquent, plus la concentration en radon dans l'air est élevée, et plus le temps passé à l'intérieur est important, plus le risque est élevé.

Toutefois, une exposition à des taux de radon modérés (< 100 Bq/m³) représente un risque réduit.
Initialement, le risque accru de cancer du poumon a été reconnu pour des mineurs exposés à des concentrations élevées de radon dans les mines d’uranium. Par extrapolation, il a été suggéré que les habitants de régions à concentrations de radon élevées sont également exposés à un risque accru de cancer du poumon.

Ce point de vue a ensuite été confirmé par plusieurs études, et en particulier par une étude récente basée sur l’analyse de données individuelles dans 13 pays européens (Darby et al., 2005).


Ces résultats confirment :
  • qu’il existe une forte évidence pour l’association entre la concentration de radon dans l’habitation et le cancer du poumon
  • que la relation dose-réponse parait être linéaire, sans évidence d’une dose limite, et qu’il existe une relation dose-réponse significative même en dessous des niveaux d’action recommandés
  • que le risque absolu est beaucoup plus grand pour les fumeurs que pour les non-fumeurs
  • que le radon dans l’habitation est responsable pour à peu près 9% des décès dus au cancer du poumon et pour environ 2% des décès résultant du cancer en Europe.
La figure montre le risque relatif de cancer du poumon en relation avec la concentration de radon dans l’habitation.

radon risgue


On notera que le risque de cancer pulmonaire augmente de 16% par tranche de 100 Bq/m³ supplémentaire dans la concentration de radon.
En se basant notamment sur cette étude, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande dans un document récent (OMS, Aide-mémoire n° 291 : Radon et cancer, 2009,) une concentration de référence nationale de 100 Bq/m³. Si ce n’est pas réalisable dans les conditions particulières du pays, la concentration de référence ne doit pas dépasser 300 Bq/m³.

Une étude récente effectuée au Royaume-Uni dans le cadre d’une action dans le Conté de Northamptonshire pour promouvoir les mesures de protection contre les effets du radon, a tenté de définir les bénéfices pour la santé résultant de l’assainissement des habitations.
Le National Radiological Protection Board (NRPB) a établi le niveau d’action à 200 Bq/m3 pour les habitations privées.

radon risque

Il résulte de cette étude que les mesures d’assainissement ont considérablement réduit le taux de radon dans les habitations - et ceci pour un coût modéré -, et que le risque de cancer du poumon a été réduit, résultant en un bénéfice d’années de vie notable.